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Publié le par CEBF-Lorraine info

Mobilisation antiraciste en mémoire d’Ilan Halimi
mardi 21 février 2006

 

Des organisations de lutte contre le racisme ont appelé à une manifestation silencieuse dimanche à la mémoire d’Ilan Halimi, dont l’enlèvement et le meurtre sont considérés par la justice comme un acte raciste.
 
De nombreuses voix se sont élevées mardi pour dénoncer la séquestration et les actes de torture qu’a subis avant de mourir le jeune homme de confession juive.
"Au-delà du caractère crapuleux de cette affaire, l’aspect antisémite apparaît de façon manifeste, notamment dans le choix de la ’cible’, supposée riche car juive", déclarent dans un communiqué SOS-Racisme et l’UEJF, qui appellent avec la Licra à manifester à Paris en silence "contre la barbarie raciste".
 
A cette occasion, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) a demandé "solennellement aux partis politiques républicains, aux organisations de défense des droits de l’homme, aux syndicats de taire leurs divergences de l’instant pour exprimer la solidarité de la Nation".
 
La Licra a appelé Jacques Chirac à prendre la tête du cortège entre les places de la République et de la Nation.
Le président de la République a reçu les parents d’Ilan Halimi et leur a promis que toute la lumière serait faite sur les circonstances de la mort de leur fils dont il a qualifié le meurtre d’"acte de barbarie".
 
L’affaire Ilan Halimi a pris lundi un tour nouveau avec la décision de la juge d’instruction Corinne Goetzmann de retenir l’hypothèse d’un crime "commis en raison de l’appartenance de la victime à une religion déterminée" dans les mises en examen de sept protagonistes présumés du dossier.
Cette décision a été prise contre l’avis du procureur qui considérait que cet aspect de l’affaire n’était pas avéré.
 
Ilan Halimi a été retrouvé agonisant le 13 février dans l’Essonne, dans la banlieue sud de Paris, après avoir été séquestré plus de trois semaines et torturé par le "Gang des barbares".
"PAS UN FAIT DIVERS PARMI D’AUTRES"
Selon une source judiciaire, l’hypothèse du crime raciste ne repose que sur deux éléments d’enquête.
 
Les suspects ont déclaré qu’ils s’en étaient pris à un Juif parce qu’ils supposaient qu’en tant que tel il aurait de l’argent et serait soutenu par sa communauté.
Un suspect a dit avoir entendu d’un autre suspect qu’une troisième personne lui avait dit avoir brûlé Ilan avec une cigarette en raison de sa religion. Cette allégation est démentie par la personne mise en cause.
 
Lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy a affirmé qu’il s’agissait d’une affaire "d’antisémitisme par amalgame".
Pour le porte-parole du Parti socialiste, Julien Dray, ces actes "ne sont pas un fait divers parmi d’autres mais le révélateur de la situation réelle de la délinquance dans notre pays : des gangs organisés, dont certains sont à connotation raciste, tissent des réseaux et font régner un calme apparent dans des quartiers où les forces de l’ordre ne pénètrent plus".
 
Sur le plan judiciaire, deux policiers de la brigade criminelle sont partis en Côte d’Ivoire sur les traces de Youssef Fofana, présenté comme le chef du gang.
 
Corinne Goetzmann et Baudoin Thouvenot, co-saisis de l’affaire, ont lancé une commission rogatoire en Côte d’Ivoire après avoir appris que le suspect s’y était rendu le 15 février.
Douze personnes, dont trois femmes, sont en détention provisoire, après la mise en examen et l’incarcération mardi de deux hommes, arrêtés la semaine dernière. Un treizième suspect interpellé en Belgique est visé par un mandat d’arrêt européen.
Par ailleurs, trois autres personnes ont été arrêtées en région parisienne mardi, a-t-on appris de source judiciaire.
Selon une source judiciaire, le groupe des suspects, âgés de 17 à 32 ans, n’est pas constitué uniquement de jeunes musulmans. Le mobile crapuleux semble dominant, ce gang étant mis en cause dans au moins six autres tentatives d’enlèvement, qui n’ont pas
 
De source judiciaire, on rapporte que les documents en question ont été saisis chez les parents d’un suspect et qu’ils les relient qu’à des organisations caritatives musulmanes, non à des groupes terroristes clandestins
 
Reuters - le 21 février 2006

 

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Publié dans Lu dans la presse

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