SITUATION DES ETRANGERS EN FRANCE

Publié le par lekadir

Lu dans le monde du 1 février 2006
 
 
Huit cas de reconduite à la frontière d'étrangers parents d'enfants scolarisés ont été relevés depuis l'engagement de Nicolas Sarkozy d'attendre la fin de l'année scolaire avant de procéder à de nouvelles reconduites, selon la Cimade (serviceœ cuménique d'entraide). Le Réseau éducation sans frontières (RESF) appelle à des rassemblements devant les préfectures, mercredi 1er février, pour protester contre le sort réservé aux élèves étrangers sans papiers et à leurs familles, et demander leur régularisation.

Le 31 octobre 2005, le ministre de l'intérieur adressait aux préfets une circulaire leur demandant de "ne pas mettre à exécution, avant la fin de l'année scolaire, l'éloignement des familles dont un enfant est scolarisé depuis plusieurs mois".

Mais la Cimade, seule association habilitée à intervenir dans les centres de rétention administrative, a recensé, depuis l'envoi de la circulaire, plus d'une soixantaine de cas de parents d'enfants scolarisés placés en centre de rétention.
"C'est lors d'interpellations sur la voie publique que ces personnes sont placées en centre de rétention, relève-t-on dans l'entourage du ministre pour expliquer ces dysfonctionnements. Mais le préfet libère vite la personne lorsqu'il s'agit d'un père ou d'une mère d'enfants scolarisés." Bénéficiant de l'appui de comités de soutien — ce qui permet de médiatiser leur cas —, la plupart des parents concernés ont, de fait, été libérés. Huit ont cependant été reconduits à la frontière. Pour procéder à ces renvois, les préfectures ont, dans la plupart de ces cas, invoqué un trouble à l'ordre public.
Dimanche 28 janvier, un Malien père d'un petit garçon scolarisé à Cholet (Maine-et-Loire) a été renvoyé vers Bamako. "La raison invoquée ici par la préfecture et le ministère est que l'enfant est en maternelle, donc pas encore dans le cadre de la scolarité obligatoire, explique Richard Moyon, l'un des enseignants fondateurs de RESF. Cette nouvelle expulsion témoigne de ce que vaut la parole d'un ministre."
"Si les reconduites à la frontière se poursuivent alors que M. Sarkozy s'était engagé à les suspendre, qu'en sera-t-il quand les préfectures ne seront plus freinées par ses promesses ?", s'alarme-t-il, craignant "une hécatombe" après la fin de l'année scolaire, le 1er juillet.
Les préfets sont en effet soumis à un autre impératif : le ministre de l'intérieur leur a fixé un objectif de 25 000 reconduites à la frontière effectives en 2006.
Laetitia Van Eeckhout
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Publié dans Lu dans la presse

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