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Samedi 29 avril 2006
LANGUE ET IDENTITE BERBERE 


Certains se posent souvent la question : qu’est ce qu’un Berbère ? Chacun y va de sa définition en invoquant, tantôt la géographie, tantôt l’Histoire, la généalogie, l’ethnologie voire même la sociologie. Pour moi, est Berbère, celui qui parle le berbère. C’est une définition à la fois simple, et compliquée. Elle résume à elle seule toute la complexité des enjeux identitaires auxquels nous sommes confrontés.

Aujourd’hui, et de plus en plus, les identités se confrontent et disons le clairement s’affrontent. Dès lors que l’on s’affirme, nécessairement par la force des choses, on s’oppose. Jacques Berque un éminent connaisseur de la langue et de la civilisation berbère disait à juste titre « qui se pose, s’oppose ». S’auto-mutiler en délaissant ou en abandonnant consciemment ou inconscient sa langue, revient finalement à se mutiler d’une partie de soi. La langue, en effet, n’est pas un simple véhicule de communication. Certes, deux individus qui parlent la même langue auront plus de facilité à communiquer l’un avec l’autre. La communication est donc une fonction principale de la langue. C’est, sa fonction primaire. Mais ce n’est pas sa fonction première.
 
La langue ne peut en aucun cas se résumer à un simple outil de communication, neutre et impersonnel, car si tel était le cas, nous devrions tous abandonner nos langues maternelles sans états d’âme et sans remords pour en adopter une, plus simple, plus pratique, plus efficace, plus largement répandue, car tels seraient alors les critères objectifs de choix d’une langue. « L’exception culturelle française », pour laquelle un certain nombre d’intellectuels français se battent serait alors un combat d’arrière garde absurde et illusoire, semblable au combat de Don Quichotte qui se bat contre les moulins à vent. Mais si des Français contestent « l’hégémonie culturelle américaine », c’est que certainement ils ont compris que derrière cela, il y des enjeux qui dépassent largement les rivalités culturelles, pour situer le débat sur l’existence même de l’identité française.
 
La langue est en réalité intrinsèquement liée à l’individu, à son histoire personnelle et collective. Elle est une partie de lui-même. Elle fait partie de son identité, de ce que les philosophes appellent « l’idiosyncrasie », au même titre que son code génétique. Quand elle meurt, ou quand elle s’étiole, c’est une partie de lui-même qui meurt. Elle forge au même titre que la famille, la société, et bien d’autres institutions : la personnalité. C’est à dire un ensemble complexe d’attributs qui définissent un individu.
La fonction première d’une langue est de véhiculer des idées, des valeurs, des symboles, des mythes, un corpus référentiel, une morale... Elle conceptualise et structure la pensée. Une chose identique est perçue de façon différente selon la langue que l’on emploie pour l’exprimer, car chacune d’elle à une manière particulière de percevoir la réalité du monde. Plus une langue est riche, plus elle est structurée, plus elle permet d’organiser la pensée. Elle donne des outils qui permettent une plus grande facilité pour exprimer ses idées. Certes, comme pour les artisans ce n’est pas les outils qui forment les bons forgerons, mais ils y contribuent largement. Ce n’est pas un hasard si les plus grands philosophes s’expriment en langue allemande (Nietzsche, Kant, Schopenhauer, Marx, Weber, Heidegger...). La langue allemande a la particularité d’être une langue qui permet une facilité déroutante d’abstraction et de conceptualisation que l’on retrouve rarement dans une autre langue.
 
La langue française, a toujours été une langue de référence pour la littérature grâce à sa richesse grammaticale et la largesse de son champ lexical qui permettent d’aller puiser dans un niveau de détail assez remarquable. Proust ou Balzac n’auraient sans doute pas pu écrire leurs œuvres dans une autre langue. La langue française évoque par ailleurs un certain nombre d’idées, de concepts : la révolution française, les droits de l’homme, la liberté, l’égalité... Toutes ces idées conceptualisées par des auteurs français et véhiculées par la langue française, ont inspiré nombre d’idéalistes et d’humanistes à travers le monde. Quand ils s’y réfèrent c’est souvent en y associant la langue française qui les a inspirées et qui s’est imprégnée de ces idées. Aujourd’hui encore le mot « laïcité » est difficilement traduisible dans une autre langue tant il est imprégné par l’idéal français presque obsessionnel à tendre vers une société égalitaire et harmonieuse.
 
La langue anglaise et particulièrement l’Américain revoie quant à elle, à l’idée de domination, de puissance, d’hégémonie. La langue américaine est suffisamment forte pour transcender même les identités ethniques. Un individu que l’on entend s’exprimer en américain est perçu immédiatement comme tel, peu importe qu’il soit noir, jaune, blanc, il est considéré de facto comme un Américain avec tous les attributs qui lui sont rattachés. Un asiatique ou un noir s’exprimant dans une autre langue, n’aura pas la même hora. C’est dire la force et l’imaginaire collectif que la langue renvoie.
La langue arabe est intiment liée à la religion musulmane, de sorte qu’il est parfois difficile de distinguer l’une de l’autre. On ne sait d’ailleurs pas toujours qui a fait l’autre. La langue arabe renvoie à l’Histoire des Arabes, à leurs mythes, à leurs valeurs, à leurs croyances, à leur alliés et à leurs ennemis. Ceux qui parlent arabe, pensent arabes et donc sont Arabes. Leur monde, leur univers, leur système de pensée et de valeurs sont fortement influencés par la manière dont cette langue est structurée, la façon dont elle a été sacralisée, la manière dont elle a été propagée.
 
La langue berbère quant à elle renvoie à d’autres valeurs. Langue essentiellement orale, elle a su comme beaucoup de langues orales développer un sens particulier pour les mythes, l’imaginaire, les légendes, la poésie où chaque mot est pesé, ou chaque mot à un sens. Contemporaine des langues grecques, latines, égyptiennes... elle est la seule, à avoir survécue, lorsque toutes ces grandes civilisations se sont éteintes pour n’être plus que des objets d’antiquité. Une telle longévité et une telle volonté de demeurer vivante au contact de civilisations aussi exceptionnelles est une énigme qui ne peut laisser indifférent. Mais au-delà de l’énigme, il y a les faits et les faits sont têtus, car malgré toutes les vicissitudes de l’Histoire, malgré les contacts longs et permanents avec des civilisations hégémoniques, cette langue est toujours là. Mieux, à chaque fois qu’on la croyait morte, elle a su trouver en elle-même les ressorts et les ressources suffisantes pour renaître.
 
La langue berbère renvoie à ses locuteurs une relation particulière, intimiste, charnelle. Elle est le lien fédérateur qui unie tous les Berbères, leur Histoire, leur civilisation depuis des millénaires. Quand on ne parle pas berbère, on ne peut pas comprendre ces choses là.... Elle véhicule des idées de résistance et aussi d’égalitarisme parfois primaire, qui pousse souvent à se battre pour les autres au détriment de soi. La femme joue dans l’imaginaire berbère un rôle majeur, contrairement à d’autres civilisations ou la femme n’a toujours qu’un rôle mineur ou marginal quand elle en a un. Kahina, la reine berbèro-juive des Aurès qui a résisté vaillamment aux Arabes, ou Lla Fadhma N’Soumer guerrière kabyle qui a résisté à l’arrivée des troupes françaises du Maréchal Randon lorsqu’ils tentèrent de pénétrer les monts du Djurdjura et qui a initiée le fameux le cri de guerre « Nous nous brisons, mais nous ne plions pas » sont toujours vivantes dans les mémoires et l’imaginaire collectif pour en témoigner. Son rapport à la religion est particulier. Jacques Berque disait que les Berbères « ont berberisé l’Islam ». Ils l’ont en effet adapté à leurs mœurs, à leurs traditions, à leur culture. La religion n’a jamais été un sujet de discorde et ne s’immisce jamais dans les affaires politiques ou les affaires de la Cité. C’est un contrat implicite, permanent, et inaliénable. C’est ainsi que vivent les Berbères depuis toujours, pratiquant la laicité, l’égalité, la liberté, sans leur avoir donnés de nom. Encore une fois, ceux qui ne parlent pas berbère, ne peuvent pas comprendre toutes ces choses là.
 
Le drame, c’est lorsqu’un parent et son enfant ne parlent pas la même langue. D’une part, ils ne peuvent pas communiquer l’un avec l’autre et d’autre part ils ne peuvent pas percevoir le monde de la même manière, car ils n’ont pas la même grille de lecture. C’est ce double drame auxquels certains jeunes franco-berbères sont confrontés et qui conduit parfois à des ruptures violentes. En ne parlant pas la langue de leurs parents, la transmission des valeurs ne s’effectue pas. La chaîne est brisée. En ne parlant pas leur langue, ils ne peuvent pas comprendre ni s’imprègner des valeurs berbères. En ne parlant pas leur langue, ils ne peuvent pas se construire, s’affirmer et s’accepter tels qu’ils sont. Descartes disait dans son fameux Discours de la Méthode : « je pense, donc je suis »... J’ose un parallèle : « je parle berbère, donc je pense berbère, donc je suis berbère ».... !
 
 
Haddouche Bélaïd
Par CEBF-Lorraine info - Publié dans : Cebf-lorraine
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Vendredi 28 avril 2006

Le malaise identitaire disséqué pour le Printemps berbère


L'association Amitié euro-berbère a tenu à commémorer le 26e anniversaire du Printemps berbère. C'est en avril 1986 qu'une répression s'est abattue sur la Kabylie et les berbères.

Le Printemps berbère a été un moment marquant dans la vie des Berbères d'algérie. C'est en effet en avril 1980 qu'un vent de liberté culturelle a été réprimé par la force par le pouvoir algérien, pro culture arabe. Depuis, les Berbères, commémorent ce mouvement qui a fait couler le sang.L'association Amitié euro-berbère de Moyeuvre-Grande a, elle aussi, commémoré ces événements. Mohamed Bellila, président, a accueilli l'assistance, une centaine de personnes en rappelant l'Histoire.

Il devait souligner : « En Algérie, on lutte encore pour la langue et la liberté, aujourd'hui encore. La culture berbère est, aujourd'hui encore, frappée de tabous... Le 20 avril est une date incrustée dans l'histoire de l'Algérie ».


Pour marquer cet événement, l'AEB a invité le Dr Hossain Bendahman, psychologue, maître de conférence à Strasbourg, pour expliquer " Le malaise identitaire ", des jeunes générations d'immigrés. Il a précisé : « Aujourd'hui, certains jeunes rencontrent des difficultés pour passer à l'âge adulte... ».
Pour lui, pour faciliter ce passage, « il est nécessaire de se fixer sur son passé. C'est ainsi se fixer sur son présent... L'identité culturelle se construit très tôt dans la famille et la culture d'origine ». Selon le Dr Hossain Bendahman, « une intégration est réussie si les origines ne sont pas niées. On circule dans la société comme on circule dans sa langue maternelle ». Le Dr Bendahman a évoqué par ailleurs le rôle d'exemple que doivent remplir les parents, notamment le père. « Pour les père, l'immigration est synonyme de rupture », a-t-il dit. Cette rupture peut entraîner chez certains parents des pertes de repères. « La dimension trans-générationnelle est rompue », a complété l'orateur. Et de mettre en parallèle une plongée sous-marine « On ne peut remonter sans marquer de paliers ».


Le malaise identitaire vient souvent du fait du passage d'une culture où le père pré-domine, et après immigration, ce sont les enfants.


Le Dr Bendahman s'est attaché à répondre aux questions du public. Questions très pertinentes malgré la difficulté du sujet. Le Dr Bendahman a invité les personnes présents « à vivre pleinement [leur] culture pour la dépasser ».


Certains avaient compris l'abandonner. Ce n'est pas le cas : « La dépasser (sans l'abandonner) pour aller vers d'autres cultures », a-t-il précisé. La soirée s'est poursuivie par de la danse et de la musique traditionnelle avec les danseuses de l'AEB et Djamel et Hocine, issus d'une association berbère.


Paru le : 2006-04-27 00:00:00 (Orne / Vallée

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Mardi 25 avril 2006

FOOTBALLEUR COMME IL Y EN A RAREMENT, ZIDANE YAZID DE SON VRAI PRENOM KABYLE VA RACCROCHER LES CRAMPONS APRES LA PROCHAINE COUPE DU MONDE EN ALLEMAGNE.

NOUS POUVONS ETRE FIER DE CET APPORT BERBERE QUI RESTERA DANS L' HISTOIRE COMME UNE DEMONSTRATION DE CE QUE LES BERBERES DE FRANCE ONT DONNE A CE PAYS. ET POURTANT, LES FRANCO BERBERES RESTENT PRIS POUR D' AUTRES ET IGNORES.

 

Zinedine Zidane a confirmé, mardi en début de soirée sur Canal+, qu'il mettrait un terme à sa carrière à l'issue de la Coupe du monde en Allemagne. Il n'ira donc pas au terme de son contrat avec le Real Madrid en 2007, ce qu'il confirmera mercredi lors d'une conférence de presse dans la capitale espagnole. Zidane l'a convoquée «pour annoncer qu'après le Mondial, j'arrêterai de jouer au foot», a-t-il déclaré sur la chaîne cryptée avec une émotion visible. «J'arrête définitivement, j'arrête tout».


«Ça peut paraître bizarre de l'annoncer maintenant, a-t-il poursuivi, à deux semaines de la fin du Championnat. Mais c'est une décision que j'ai mûrement réfléchie, et qu'il fallait que je prenne avant la Coupe du monde. Elle me trottait dans la tête depuis un petit moment. J'avais envie de me dégager de ça. Vis-à-vis du club, je ne pouvais pas terminer la Coupe du monde, prendre trois semaines de vacances, revenir et dire : "j'arrête, cherchez un nouveau joueur".» Le capitaine des Bleus a rencontré son président, Fernando Martin, mais n'a pas donné de détails sur les modalités de cette fin de carrière, puisque Zidane est encore lié une saison avec le Real.

Un soulagement avant la Coupe du monde

A 34 ans au mois de juin, Zidane a clairement exprimé que sa lassitude physique, et les mauvais résultats du Real, avaient été à l'origine de sa décision. Elle avait filtré dans plusieurs médias espagnols à différents moments de la saison mais Zidane l'avait mollement démentie. «C'est surtout mon corps, a expliqué le meneur du Real. Je me suis dis que je ne pouvais pas repartir un an. Cela fait deux ans que les résultats ne sont pas là (NDLR : trois, le Real et Zidane n'ayant plus rien gagné depuis 2003). Quand vous n'atteignez pas les objectifs, vous vous posez des questions. Je sais que je ne peux pas faire mieux que ce que j'ai fait jusqu'à présent. Je suis à un âge où c'est de plus en plus difficile. Je ne voulais pas refaire une année comme celles que je viens de faire

Zinédine Zidane jure qu'il ne changera pas d'avis, comme il l'avait fait il y a neuf mois au sujet de l'équipe de France. «C'est définitif. En équipe de France, le contexte était différent puisque je continuais de jouer en club. Je pourrai prendre une licence amateur, c'est mon problème. Mais au niveau professionnel, au haut niveau, j'arrête. J'ai l'impression de me soulager. Je voulais que tout le monde soit au courant avant la Coupe du monde. J'avais besoin de le dire pour me consacrer à la Coupe du monde. C'est mon dernier objectif et je ne veux penser qu'à ça. Je ne pouvais plus (faire face aux question), ce n'était plus possible.»

1989 - 2006 : il a tout gagné ou presque

Potentiellement, Zidane a encore treize matches à jouer cette saison : trois en Liga (il est suspendu pour la prochaine journée), et dix avec les Bleus, trois matches amicaux et sept en Coupe du monde. En juin ou juillet, ce sera la fin d'une carrière entamée en 1989 à Cannes et terminée en 2006 sous le maillot de l'équipe de France. Devenu professionnel en 1992 à Bordeaux, Zidane a remporté son premier titre en novembre 1996 avec la Juventus (Coupe intercontinentale). Il aura gagné tous les grands trophées du football international : une Coupe du monde (1998), un Euro (2000), un Ballon d'Or (1998) et une Ligue des champions (2002).

AFP

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Lundi 24 avril 2006
Pour Nicolas Sarkozy, "si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter"
 
LEMONDE, le 23.04.06

On en a plus qu'assez d'avoir en permanence le sentiment de s'excuser d'être français. On ne peut pas changer ses lois, ses coutumes parce qu'elles ne plaisent pas à une infime minorité", a dit M. Sarkozy, très applaudi par les quelque 2 500 personnes venues l'écouter. "Si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter", a-t-il lancé. Cette phrase rappelle le slogan de Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF) : "La France, tu l'aimes ou tu la quittes".

M. de Villiers est candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2007, à laquelle M. Sarkozy devrait également être candidat. Souhaitant "faire de l'UMP un lieu de rassemblement et d'ouverture", toujours dans la perspective de 2007, Nicolas Sarkozy a également tenu à se tourner vers "la gauche populaire".

 

LE CPE, UNE "ERREUR" :


"Je veux aussi m'adresser à la gauche populaire, à tous ceux qui ont cru au Parti communiste. J'ai plus de respect pour les anciens ouvriers qui ont travaillé toute leur vie en usine que pour les mondains qui n'ont pas vu les crimes de Staline", a-t-il affirmé.

Le numéro deux du gouvernement est par ailleurs revenu sur la crise du contrat première embauche (CPE), que son parti a contribué à dénouer. "Avec le CPE, un jeune pouvait se faire licencier sans motif. Je ne veux pas faire cadeau de l'esprit de justice à la gauche et que la droite soit associée à la précarité. La gauche sait exploiter nos erreurs, je ne ferai pas cadeau à la gauche de nos erreurs", a-t-il martelé.
Il a d'ailleurs profité de cette douzième réunion de nouveaux adhérents de son parti pour continuer de s'en prendre à "une gauche qui n'a pas de leçons de morale" à lui donner, "une gauche responsable de la montée du Front national".
 
 
"CIRCULEZ, Y'A RIEN À VOIR":

Quant à Ségolène Royal, la candidate à la candidature socialiste pour 2007 qui, selon deux sondages, le battrait à la présidentielle si le deuxième tour avait lieu maintenant, M. Sarkozy lui a reproché son absence d'idées. "Ségolène Royal, elle a trouvé le raisonnement : j'ai vos idées, dit-elle. C'est 'circulez, y'a rien à voir'", a ironisé le président de l'UMP.
 
 
Il a également lancé une pique envers Lionel Jospin, l'ancien premier ministre socialiste qui avait procédé à la régularisation de sans-papiers quand il était au pouvoir. "S'il était candidat (en 2007), ce serait l'occasion de lui demander des explications", a dit M. Sarkozy en riant. Pour sa part, le ministre de l'intérieur, qui s'apprête à présenter son projet de loi sur l'immigration, a de nouveau proposé "qu'on supprime les régularisations au fil de l'eau", c'est-à-dire les régularisations quasiment automatiques au bout de dix ans de présence en France.


Avec AFP
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Jeudi 20 avril 2006
DOUBLE ANNIVERSAIRE DU PRINTEMPS BERBERE 1980 ET DU PRINTEMPS NOIR DE 2001, LES BERBERES DU MONDE ENTIER DANS LA SOUVENIR ET DANS LA LUTTE POUR LES DROITS DES AMAZIGNS
 
Il y a cinq ans, Guermah Massinissa était assassiné
Le dernier printemps de la raison
 
 
On est le 18 avril 2001. Une journée quelconque, presque anodine, dans une Kabylie quine vit, depuis quelques jours, que pour la 21e année de son Printemps berbère. Une Kabylie qui, sans qu’elle le sache, ni qu’elle le veuille vraiment, vient de prendre un autre rendez-vous avec l’histoire pour vivre (et commémorer par la suite) l’un des printemps les plus sanglants de son histoire.
 
 
 
On ne saura peut-être jamais ce qui s’est réellement passé dans les sous-sols de la brigade de gendarmerie de Béni Douala en cette maudite journée, pour que le jeune Moumouh y perde la vie. Cinq ans après les faits, les mystères qui ont entourés ce meurtre ne sont toujours pas élucidés et, aujourd’hui encore, personne ne sait vraiment s’il s’agit d’un acte délibéré, d’une manigance arrangée ou d’un simple concours de circonstances. Ce qui est sûr, par contre, c’est que le tragique destin qu’a connu le jeune Guermah Massinissa allait mettre Béni Douala, Tizi Ouzou et bientôt toute la Kabylie est à feu et en flammes. A peine la nouvelle de sa mort connue, les Ath Douala, offensés et scandalisés, entreprennent d’assiéger la caserne des gendarmes pour tenter de venger leur jeune innocent. Des escarmouches très intenses ont eu lieu dès la journée du 19 avril. Au soir du même jour, la situation devient inquiétante : Béni Douala s’enfonce définitivement dans la violence. Pire encore, l’agitation s’est rapidement propagée vers d’autres localités de la wilaya où les émeutes ont dangereusement gagné en intensité. Les populations d’Azazga, Fréha, Ifigha, Bouzeguène, Larbaâ Nath Irathen et bien d’autres se sont mises à reproduire, mécaniquement presque, le même procédé que celui initié par les Béni Doualis. Les brigades de gendarmerie sont, de ce fait, systématiquement prises d’assaut et attaquées à coup de pierres et de cocktails molotov. Le 22 avril au soir, les affrontements qui ont déjà atteint une quinzaine de communes, deviennent plus violents que jamais. On recense les premiers blessés sérieux. Les jeunes manifestants ne reculent plus devant rien. Devenus insensibles au gaz lacrymogène et totalement indifférents aux tirs de sommation, ils laissent exploser une telle fureur que certaines brigades, pourtant bâties en un solide béton, commencent à subir d’importants dégâts. L’embrasement est général !
 

Côté politique, c’est la totale banqueroute. Les incessants appels au calme lancés par les responsables politiques locaux demeurent lettre morte. Les jeunes manifestants ne se reconnaissent plus dans les discours des politiques. Ils s’entêtent à persévérer dans la violence. Cette même défaillance est également décelée aux plus hautes sphères du pouvoir. Les erreurs d’appréciation se suivent et se succèdent et les officiels (notamment le ministre de l’Intérieur), tombent dans de graves — mais surtout regrettables — inadvertances. Leurs attitudes provoquent un dangereux regain de violence. Cette fois, c’est irrémédiable, les politiques et les officiels s’affichent incapables d’endiguer la colère montante des jeunes émeutiers kabyles. Entre temps, le corps de la gendarmerie organise sa “riposte”. Celle-ci sera d’une brutalité inouïe puisque les Darkis n’ont pas hésité à tirer sur les manifestants : c’était un véritable carnage. Les premières victimes tombent le 27 avril 2001, le jour-même où la localité de Seddouk à Béjaïa enterrait sa première victime, tombée le 25 du même mois. Les 28 et 29 avril ont été des journées particulièrement sanglantes. Azazga, une ville où les émeutes se poursuivent à un rythme effréné depuis plus d’une semaine, est le théâtre d’une terrible boucherie : neuf jeunes manifestants y sont assassinés en une seule journée. La situation a définitivement dégénéré. La Kabylie est à feu et à sang.
 
 
L’ascension des archs

La Kabylie sera livrée à la répression des gendarmes un mois durant. Vers la mi-mai, les appels au calme reçoivent, enfin, un écho favorable. La région connaît ses premiers moments de répit. Une structure, à la dénomination archaïque, commence à faire parler d’elle. En ces quelques jours de trêve, cette dernière entreprend de canaliser, même momentanément, la colère des émeutiers. Le Mouvement citoyen des archs vient de naître. Il sera officiellement baptisé le 18 mai 2001 lors d’une rencontre tenue à Illoula. Trois rencontres préliminaires étaient, néanmoins, nécessaires pour accorder les violents et discuter des dernières consignes organisationnelles. Elles ont eu lieu à l’université de Tizi Ouzou, Ath Djennad puis Béni Douala. Au sortir de la réunion d’Illoula (les réunions finiront par changer d’appellation pour devenir conclaves), les participants avaient accouché de la toute première plate-forme de revendications de l’histoire des archs. Mieux, un appel solennel est même lancé pour l’organisation d’une marche populaire à Tizi Ouzou-ville et ce, pour la date du 21 mai  2001. Le Mouvement citoyen des archs entamera, suite à cela, plusieurs campagnes de structuration, lesquelles seront peaufinées et améliorées à la veille de la marche historique du 14 juin 2001, dont le principe était entériné trois jours auparavant (le 11 juin) à El Kseur. Le code d’honneur et les principes directeurs des archs n’ont pas tardé à voir le jour. La plate-forme d’El Kseur sera explicitée à Larbaâ Nath Irathen en date du 31 octobre 2001.
 
 
De la colère naquit l’espoir

Durant les cinq années qui ont suivi les douloureux événements de 2001, la Kabylie a   connu (et a subi parfois) plusieurs événements qui y ont latéralement bousculé l’ordre établi avant ce fameux 18 avril 2001. Les archs se sont définitivement imposé sur l’échiquier politique local et tenaient, à une cadence infernale, de multitudes de conclaves à l’effet de gérer un contexte fort délicat. Il faut dire qu’à cette époque, la région, toujours endeuillée et meurtrie, a quasiment fini par tomber sur ses deux genoux sur le plan social et économique. L’inertie tous azimuts était le lot incontesté de tous les Kabyles. Les émeutes deviennent plus espacées et moins violentes. A l’appel des archs, la Kabylie a tourné le dos aux législatives de mai 2002 et aux municipales d’octobre de la même année. Les partis politiques, eux, ne font leur réapparition qu’à l’occasion des partielles de 2005 qui, il faut le rappeler, ont eu lieu suite à la condition préalable des archs, consistant à révoquer les “indus élus” avant l’entame de tout processus de dialogue. Entre temps, la Kabylie connaîtra trois consultations électorales et les délégués entament leurs premiers rounds de pourparlers avec les représentants de l’Etat algérien. La mise en œuvre de la plate-forme d’El Kseur peut enfin avoir lieu. Les résultats définitifs de ces 28 mois de dialogue seront rendus publics le 25 avril prochain. Aujourd’hui, cinq ans après le Printemps noir, la Kabylie semble comme vouloir aspirer à un lendemain meilleur. Une Kabylie qui, il faut le noter, ne regrette absolument  rien de ses pulsions coléreuses envers ceux qui l’ont méprisée, puis endeuillée. Trop de larmes et trop de sang. La région voudrait bien réapprendre à vivre... sans amnésie envers les douleurs du passé.
 
TAMAZIGHT VIE ET VIVERA !
Par CEBF-Lorraine info - Publié dans : Cebf-lorraine
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