Mercredi 9 août 2006 3 09 /08 /Août /2006 21:52
Le 9 Août, Journée Internationale des 
populations autochtones



Les berbères " les Imazighens " est le peuple autochtone d' Afrique du nord. Historiquement incontestable, ce fait est complètement occulté, nié, mis à part et remplacé officiellement par une Afrique du nord autre (tout le monde comprendra ici de qui il s'agit), par les états installés bon et malgré tout.
La Berbèrie " Tamazgha " s' étend des Iles Canariques jusqu'à l' oasices de Siwa en Egypte, et de la mere midétérannée jusqu'au nord du Burkina. Par ce fait, cette journée du 9 août nous interpelle en tant que Berbères, peuple autochtone de ce beau et digne territoire qu' est l' Afrique du nord.



En 1994, l'Assemblée générale de l' ONU a décidé de faire du 9 août la Journée internationale des populations autochtones (résolution 49/214), et ce pendant chaque année de la Décennie internationale des populations autochtones.

Dans la résolution 59/174 du 20 décembre 2004, l'Assemblée a proclamé la deuxième Décennie internationale des populations autochtones. Cette Décennie aura pour but de renforcer encore la coopération internationale afin de résoudre les problèmes qui se posent aux peuples autochtones dans des domaines tels que la culture, l’éducation, la santé, les droits de l’homme, l’environnement et le développement économique et social.

En avril 2000, la Commission des droits de l'homme a adopté une résolution sur l'établissement de l'Instance permanente sur les questions autochtones qui a été approuvée par le Conseil économique et social le 28 juillet 2000. (E/RES/2000/22). L'Instance permanente devra fournir des conseils sur les questions touchant au développement social et économique, aux droits de l'homme, à l'éducation, à la santé et à l'environnement.

Par CEBF-Lorraine info - Publié dans : Cebf-lorraine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 21 juillet 2006 5 21 /07 /Juil /2006 23:21
En 2006, on est dans le deni identitaire et culturel des Français issus de l'immigration. Où sont les juifs, les berbères, les asiatiques et autres.
Par provocation, par réduction ou par simplisme, on s'acrifie la réalité et l'objectivité pour des raisons politiques, discriminatoires voir même par mépris !

L’hypocrisie du black, blanc, beur
 
Depuis 1998, la France est habituée à une expression qu’elle prône comme un trophée : « black, blanc, beur ». Durant cette Coupe du monde, ce triptyque est encore fiévreusement entonné par les uns, et fièrement brandi par les autres. Il faut relever une incohérence grave. En effet, elle participe à la négation de tout une culture et de tout un pan de l’histoire de l’humanité pour, sinon complaire au discours des dictatures nord-africaines, prolonger le regard colonialiste sur les populations maghrébines (beur renvoyant uniquement aux Arabes maghrébins). En évoquant une équipe « black, blanc, beur », on réfère directement à la personne de Zinédine Zidane, qui est le seul Français d’origine nord-africaine au sein des Bleus. Or Zidane est d’origine kabyle, donc amazigh (berbère pour ceux qui tiennent aux nominations archaïques).

Voici donc un nouveau contre-sens puisque, par définition, être amazigh, ce n’est pas être arabe, bien que l’Histoire ait rapproché les deux cultures. Cette grossière erreur est révélatrice de l’état d’esprit de nos idéalistes fiers, à l’occasion, du métissage caractérisant notre société. Ces derniers déplacent les victoires des Bleus du terrain sportif et collectif vers un terrain économique et de communautés. De facto, on reconnaît à ces Français d’origine africaine leur utilité dans la représentation internationale de la France. Suite à cette reconnaissance, on s’engage à leur rendre la monnaie de leur pièce, notamment, en évoquant, à l’intérieur du pays, leurs origines, comme pour dire cette victoire est avant tout à vous, et nous vous remercions de nous y faire participer. Une fois la monnaie rendue, on peut rentrer chacun chez soi et dormir tranquille. Car, enfin, on sait que ces Français, tant discriminés à l’emploi et au logement, pour ne citer que cela, ont trouvé un terrain où exprimer leur talent et exister dignement.

Il convient de remarquer que ceux qui relèvent le plus souvent ce triptyque sont les politiques et les médias. En d’autres termes, il s’agit là des hauts lieux de la discrimination en France. Brandir donc ce tableau d’une France « black, blanc, beur » relève de la pure hypocrisie. Cela aboutit à la censure du moindre rappel à l’ordre par la conscience de l’individu. C’est une manière de refouler ce que l’on voit et qui dérange, car tant les politiques que les médias savent que la discrimination est mal (pour parler dans un langage d’enfant). Pour fermer les yeux sur la dangerosité de nos comportements, nous avons élaboré une belle photo d’une France qui gagne à partir de ses différences.

Cependant, force est de constater que cette France-là est une France frustrante pour une bonne partie de ses habitants. Car, enfin, où sont les Asiatiques, où sont les Américains et où sont les Nord-Africains non arabes, les Orientaux ou encore les Juifs ? Ce triptyque, aussi belle que soit sa fonction, est, à certains regards, faux, à d’autres, partiel. Il réduit la richesse culturelle de notre pays et contribue, contrairement à ce que l’on voudrait, à l’éloignement des uns des autres. L’équipe de France est une équipe faite de Français qui représentent dignement leur pays et tous ceux qui y vivent. Leur victoire n’est pas la victoire d’un Noir, d’un Maghrébin ou d’un « Français de souche », c’est la victoire de Français, des Français.

Libération - Jeudi 13 juillet 2006

Ali Chibani, étudiant à la Sorbonne-Paris-IV
Par CEBF-Lorraine info - Publié dans : Lu dans la presse
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 20 juillet 2006 4 20 /07 /Juil /2006 21:35
Interview de Belkacem Lounes, Président du Congrès Mondial Amazigh
 
 
1.. Pour quelles raisons avez-vous écrit au roi du Maroc ?
Notre objectif est que l’Etat du Maroc assume pleinement son amazighité (histoire, civilisation, culture et langue) et que cela se traduise par sa reconnaissance dans la Constitution du pays et ensuite par son institutionnalisation à tous les niveaux de l’administration, de l’école, des médias publics, etc. Or il est notoire qu’au Maroc, le roi est l’autorité suprême du pays, disposant de très larges pouvoirs constitutionnels. L’article 19 de la Constitution prévoit que le roi " est le protecteur des droits et libertés des citoyens, groupes sociaux et collectivités" et l’article 103 notamment, précise ses larges prérogatives. Le gouvernement et son administration qui expriment et pratiquent tous les jours leur amazighophobie, ne peuvent être considérés comme des instances crédibles. Par conséquent, le roi reste à nos yeux, la seule autorité capable d’assumer ses responsabilités et de donner une suite favorable aux attentes des Amazighs. D’autant plus que l’expérience nous enseigne que "la question amazighe" au Maroc relève exclusivement du Palais, depuis l’époque de Hassan-II.
 
 
2.. Est-ce que réellement la langue, la culture et l’identité amazighes sont arrivés à un tel niveau de danger qui justifie l’appel au roi et l’intervention des Nations Unies ?
Lisez notre rapport aux Nations Unies et vous constaterez la situation effrayante des Amazighs du Maroc, dans tous les domaines de la vie courante. Quelques exemples suffisent pour montrer que les Amazighs dans ce pays sont considérés comme des sous-citoyens, comme au temps de la colonisation française : Ils n’ont même pas la liberté de donner le nom de leurs ancêtres à leurs enfants, ils n’ont pas le droit de s’exprimer en Tamazight dans les tribunaux et n’ont pas droit à un traducteur assermenté alors que celui-ci est prévu pour les étrangers, ils n’y a aucune chaine de TV amazighe alors qu’il y en a 4 en arabe, leur histoire est falsifiée, leur langue et leur culture sont méprisées par et dans les institutions publiques, notamment à la TV et à l’école, tous les efforts de l’Etat et des sommes faramineuses sont consacrés à la promotion de l’arabité et de l’arabisation, l’Etat se réfère toujours aux lois coloniales françaises pour les déposséder de leurs terres, l’exploitation des mines sur leurs territoires ne leur laisse que la pollution et l’assèchement de leurs rivières, les régions amazighes sont appauvries et marginalisées sur le plan socioéconomique, sans compter les intimidations, les brimades et le mépris quotidiens vis-à-vis de tout ce qui est amazigh, qualifié péjorativement de "chelha". Il y a là une réelle et imminente menace de mort qui pèse sur le peuple amazigh du Maroc et cette situation nécessite au moins, que l’on sonne l’alarme tant au niveau national qu’au niveau des instances internationales et de toutes les places publiques de la planète.
 
 
3.. Est-ce que la langue, la culture et l’identité amazighes connaissent une crise seulement au Maroc ou bien également dans les autres Etats arabes d’Afrique du Nord ? Avez-vous écrit aussi à Bouteflika qui connaît lui, une réelle crise avec les kabyles ?
La langue, la culture et l’identité amazighes sont confrontées à peu de choses près, au même déni et à la même politique d’éradication par, comme vous dites, les "Etats arabes" d’Afrique du Nord, étant entendu que ce sont les gouvernements qui sont arabes et panarabistes et non pas les pays qui eux, sont amazighs. En Algérie, nous ne comptons pas écrire au chef de l’Etat, tant que les gendarmes et les commanditaires responsables des crimes commis durant le printemps noir de l’année 2001 en Kabylie (126 morts et plus de 5000 blessés) n’ont pas été jugés et condamnés. En revanche, nous comptons nous adresser directement aux algérien-e-s à l’occasion de la prochaine réforme de la Constitution du pays, pour leur rappeler nos exigences concernant la reconnaissance et le respect de nos droits fondamentaux et des principes universels de démocratie et de modernité. Ce sont là nos conditions en tant qu’Amazighs pour pouvoir participer à la construction d’une Algérie que nous voulons plurielle et respectueuse de tous les droits humains.
 
 
4.. Avez-vous des statistiques qui indiquent que la proportion des Amazighs au Maroc dépasse celle des Arabes ?
Les résultats du recensement de la population effectué en 2004, indiquent que 27,8% des marocains ne parlent que Tamazight et ce, malgré plusieurs siècles d’une arabisation acharnée. Et si on ajoute à ce chiffre les Amazighs qui parlent aussi d’autres langues et même ceux qui ont perdu l’usage de la langue amazighe mais qui se considèrent Amazighs, alors ce chiffre devrait être multiplié au moins par trois. C’est ce que le gouvernement marocain lui-même a reconnu en écrivant dans son site internet -www.maroc.ma- que " 75% des habitants du Maroc sont des Amazighs et 25% des Arabes ". Mais dès que la presse notamment amazighe a relayé cette information, ces chiffres ont aussitôt disparu du site. Pourquoi cette disparition de la vérité ? pourquoi la cacher ? Tout simplement parce qu’elle confirme ce que le mouvement amazigh et les spécialistes en la matière ne cessent d’affirmer depuis longtemps et surtout pour éviter la prise de conscience que la majorité amazighe est dominée par la minorité arabe qui monopolise les pouvoirs politique et économique et impose sa langue, sa culture, son idéologie, etc.
5.. Ne croyez-vous pas que la création de l’Etat de Tamazgha conduirait à la balkanisation de la nation arabe ?
Tout d’abord, je redis clairement que notre pays Tamazgha (Afrique du Nord) ne fait pas partie du "monde arabe" ou de la "nation arabe", ni géographiquement, ni culturellement, ni linguistiquement, ni sociologiquement, ni économiquement. D’ailleurs, les vrais arabes du Moyen Orient ne considèrent pas les arabophones d’Afrique du Nord comme des Arabes. Ensuite, disons que l’idéal serait de revenir à Tamazgha avec tout ce que cela implique en matière de reconnaissance et d’institutionnalisation de l’amazighité, avec une organisation administrative des territoires sous une forme fédérale. La première étape serait d’aller vers l’instauration progressive des "Etats-Unis d’Afrique du Nord", sur le modèle de l’Union Européenne. Les peuples sont prêts, il manque seulement la volonté politique des gouvernements. A propos, je rappelle l’aberrante et injuste fermeture de la frontière algéro-marocaine. A qui profite t-elle ? Pas aux peuples de cette région, j’en suis sûr ! Quant à la prétendue balkanisation de l’Afrique du Nord, ce n’est qu’un épouvantail agité par les tenants de l’ordre dominant pour faire peur et maintenir leur pouvoir absolu. A chaque fois qu’un peuple cherche à se libérer, les tenants de l’ordre établi tentent de provoquer les peurs par l’instauration de la confusion, des amalgames et de la division. En réalité, chacun sait mais feint de l’ignorer, que notre projet est résolument un projet d’amitié et de paix. En revanche, il est certain que ce sont les violations des droits et des libertés qui vont pousser un jour ou l’autre, les gens à se révolter. Cette vérité est universelle et les pouvoirs en place n’ont pas intérêt à l’oublier.
 
 
6.. Le respect de l’identité et des droits économiques, sociaux et culturels des Amazighs passe t-il nécessairement par un Etat fédéral et l’autonomie des régions  ?
Après plus d’un demi-siècle d’une indépendance confisquée, les Amazighs du Maroc se rendent compte qu’ils sont toujours colonisés politiquement, économiquement, linguistiquement et culturellement. Leur seule chance de survie exige qu’ils prennent leur destin en main conformément au droit international qui préconise "le droit des peuples et des nations à disposer d’eux-mêmes et en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel". Par ailleurs, le fédéralisme et les autonomies régionales constituent une organisation moderne de l’Etat qui a fait ses preuves ailleurs, assurant la stabilité et la prospérité des peuples. Je mets en garde les pyromanes de tous bords qui manipulent les concepts en parlant d’atteinte à l’unité nationale, et qui tentent de dresser les uns contre les autres dans le seul but de maintenir leurs pouvoirs et leurs privilèges exorbitants.
 
 
7.. Dans le cas où le roi ne donnerait pas suite à vos revendications, que comptez-vous faire ?
Très sincèrement, j’ai beaucoup de mal à imaginer que nous ne serons pas entendus. Mais si tel était le cas, chacun devra assumer ses responsabilités. En attendant, les revendications des imazighen du Maroc sont légitimes, réalistes et correspondent aux intérêts supérieurs du pays. Cela n’échappe certainement pas au roi qui a d’ailleurs enclenché le processus de réhabilitation de l’identité amazighe du Maroc en 2001. Ce que nous lui demandons aujourd’hui, c’est simplement de poursuivre et d’approfondir la même démarche et d’assurer une haute protection juridique à l’amazighité. Je suis personnellement très optimiste concernant les suites favorables à nos principales revendications, d’autant plus qu’elles bénéficient désormais du soutien des Nations Unies.
 
 
Interview accordée au journal Almichaal, Maroc
Juillet 2006
Par CEBF-Lorraine info - Publié dans : Actualités Berbères
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 19 juillet 2006 3 19 /07 /Juil /2006 10:41
Agir ou disparaître, imposons l’égalité de traitement !
 
Agir ou disparaître, tel est le choix auquel on est confronté en tant que citoyen d’abord, soucieux de notre vivre ensemble et du devenir de la société dans laquelle nous vivons. C’est ensuite en tant que français d’origine berbère oubliés de l’histoire, trop souvent injustement ignorés.
Oui, nous avons le devoir d’imposer l’égalité de traitement entre les citoyens quelques soient leurs origines, leurs conditions sociales et quelques soient la sensibilité à laquelle ils appartiennent.
Mourir, tel serait le sort de ceux qui laissent aujourd’hui leur destin aux mains des autres
Notre volenté en tant que jeunes Franco Berbères et au-delà des jeunes, c’est d’agir et exiger la justice, notre « francité » mais également notre «  berbérité » comme élément majeur de diversité et de richesse de notre société d’aujourd’hui.
 
 
Le choix qui a été celui des berbères de France et de nos parents en premier, c’est une intégration discrète et silencieuse. C’est de vivre sa vie au quotidien au-delà même de
sa berbérité, en tous cas dans l’espace public par choix pour certain, et par contraintes pour d’autre.
Nos parents croyais à l’égalité républicaine et ils nous ont pour la plus part éduqué dans la transmission des ces valeurs de partage, de vivre ensemble, de laïcité et de respect
Il fallait disait on s’intégrer et faire le minimum de « bruit ». Pour les premières générations, cela a été accompagné et heureusement d’une transmission riche de notre culture et identité berbère d’origine, c’est ces générations là (Zidane, Adjani …), retrouvent français quid de leur berbérité, dans une société qui les a pris pour d’autres et continue à les ignorer à travers l’histoire, leur visibilité dans l’espace public en tant que français d’origine berbère, et bien encore d’autres choses.
 
Ils sont recuperés voir même utilisés comme arabe, musulmans ... ou autre avec ce déni ,incroyablement mal honnête intellectuellement, de leur berbèrité et de leut vraies origines.
 
On a cru à l’égalité républicaine et à un traitement juste et équitable « des fils et filles de la république », chacun comme français venant d’ailleurs avec sa diversité particulière. Cela s’avère un leurre. C’est cela même (la classe politique dans son ensemble droite et gauche confondues) qui sont censés garantir cette égalité qui ont trahi !
 
Absence de reconnaissance, ni de nos parents qui ont pourtant participer à la libération
du pays et qui ont contribué lourdement à sa reconstruction. Ni de nous même comme français tout court en premier lieu et comme ensuite citoyen à part entière dans l’accès à nos droits, dans notre représentativité au sien de la classe politique, médiatique et dans les postes clés de nos entreprises et de nos administrations.
 
Conjugué à un malaise social criant, la crise de valeurs et identitaire que vit notre pays vient en grande partie de là.
La remise en cause des valeurs de la république est venue de ces politiques publiques impuissantes et de cet assourdissement d’une génération sacrifiée dans sa reconnaissance, et dans la place que l’on veut bien lui laisser.
 
Ce phénomène touche toutes les sensibilités de notre pays (issues de l’immigration comme on dit trop souvent) et particulièrement les berbères de France qui sont près de deux millions et qui ne sont même pas reconnus en tant que tels.
Mais on constate que la différence s’établit nettement quand il s’agit d’une sensibilité organisé, reconnu et entendue, c’est aussi là encore une fois une cassure de cette égalité républicaine.
 
La France produit elle-même le communautarisme. Si ce dernier existe vraiment ? Alors, il faut le dire, c’est cet aveuglement à reconnaître, à considérer les gens et à sélectionner le traitement juste de ces populations dans leur reconnaissance notamment.
C’est cela qui poussent à vouloir s’organiser puisque visiblement, on se fait entendre mieux le cas échéant. Quelle contradiction quand même !
 
Le cas des Franco Berbères est à ce titre criant. Nous avons cru à ces valeurs de la république et nous y croyons toujours, mais l’injustice qui nous frappe est pesante. Absence complète de reconnaissance pourtant ô combien nécessaire (dans les médias, par la classe politique …), discriminations institutionnelles dans le diffusion de notre culture, comme culture de France (refus de présence sur la bande FM par exemple), absence de reconnaissance à l’école, institution républicaine majeure (non évocation du fait berbère dans les manuels d’histoire, enseignement de la langue berbère …) …
 
Notre réseau associatif est utile et vital. Agir ou mourir, nous avons choisi d’agir pour la société dans laquelle nous vivons et pour nous même comme citoyens responsables saisissant notre destin en main
Notre action pour un meilleur vivre ensemble, pour une France plurielle acceptant sa diversité est plus que jamais nécessaire. Nous luttons contre toute forme de repli et de dérive, nous promouvons nos valeurs républicains d’égalité, de liberté, de fraternité et de laïcité mais pour leur application concrète, réelle et visible sur le terrain
 
Depuis plus de trois ans maintenant au sein de la Coordination des Berbères de France et depuis près de deux ans au sein de la Coordinations des Etudiants Franco berbères, nous avons le sentiment que les lignes bougent et que notre appel à une reconsidération des choses avance.
Mais la route est longue, bouger les formations politiques reste compliqué. Avoir accès à un certain nombre d’élus ou d’institution reste dure, voir impossible, par discrimination trop souvent, car comment expliquer la difficulté à être reçu ; ou le refus de certain responsable à échanger avec nous ?
Nos détracteurs sont nombreux, cela même qui refusent notre expression au nom je ne sais de quoi : communautarisme ? Nos valeurs ? L’uniformité des français issus d’Afrique du nord notamment ?
 
Disparaître, c’est refuser d’agir ou laisser d’autres le faire à notre place pour des lendemains incertains, voir tristes. C'est continuer à se laisser mépriser, pris pour d'autres, imposer d'autres iden,tités ou origines qui nous sont étrangères. Nous avons tous Franco Berbères le devoir d’agir pour notre culture et identité d’origine, pour notre place dans la France d’aujourd’hui et pour qu’enfin, on puisse tous vivre ensemble chacun avec sa mémoire, son histoire, son parcours et sa particularité dans une France qui s’assume et qui grandira de sa diversité à coup sûr !
 
 
H. LEKADIR
Président de la Coordination des Etudiant Berbères de France
CEBF-Lorraine
Par CEBF-Lorraine info - Publié dans : Cebf-lorraine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 19 juillet 2006 3 19 /07 /Juil /2006 10:17
Un rapport d'Amnesty International très détaillé prouve que la DRS, la police politique du régime, continue de faire subir des sévices aux «terroristes» présumés.
L'Algérie toujours torturée.
 
Par José GARÇON
LIBERATION : Mercredi 19 juillet 2006
 
Il ne s'agit plus de l'Algérie de la sale guerre de la décennie 90, au cours de laquelle des «républicains» fermaient les yeux sur les exactions du régime au nom de l'éradication du péril islamiste. L'Algérie d'aujourd'hui est devenue un allié des Etats-Unis, notamment dans le cadre de l'initiative transsaharienne de lutte contre le terrorisme. Pour autant, la torture a encore cours dans ce pays qui sort d'un conflit ayant fait 200 000 morts ­ officiellement. Et dont un ex-Premier ministre reconnaît que 1 000 personnes ont été tuées, en 1998, dans une attaque contre des civils près de Relizane, quand à l'époque Alger affirmait que le nombre des victimes «ne [dépassait] pas 150». 
Danger. Cette permanence de la torture est au coeur du dernier rapport d'Amnesty International : «La pratique de la torture par la Sécurité militaire en Algérie, des pouvoirs illimités» (1). L'organisation de défense des droits de l'homme s'y livre à une analyse rigoureuse, basée sur de multiples témoignages des agissements des services secrets qui constituent la véritable colonne vertébrale du régime. Les autorités ont compris le danger au moment où, courtisées par une communauté internationale avide des formidables revenus générés par les hydrocarbures, elles se félicitent d'avoir utilisé le 11 septembre pour transformer une guerre civile en première offensive d'envergure contre le terrorisme international. Par presse interposée, elles ont violemment dénoncé «la volonté de nuire» d'Amnesty et des «autres ONG». 
Le 19 février 2005, Amar Saker, 33 ans, est arrêté près de Skikda. Quand il est présenté, quinze jours plus tard, à des magistrats, les traces sur son corps parlent d'elles-mêmes. Coups de pied, de matraque, chocs électriques, crachats, insultes, cet agriculteur accusé d' «activités terroristes» est suspendu au plafond par des menottes aux poignets. Au cinquième jour, il commence à «avouer» les faits dont on l'accuse. Son répit dure trois jours. Suspendu à nouveau, on lui demande toutes les heures s'il se rappelle quelque chose et il n'est décroché que s'il dit avoir de nouvelles informations. La volonté de lire son procès-verbal d'interrogatoire avant de le signer lui ayant valu d'avoir les doigts coincés dans un tiroir, il atteste n'avoir subi aucune forme de mauvais traitements.
«Ceux qui ont été arrêtés ­ plus d'une centaine de personnes depuis le début 2006 ­ viennent de milieux très divers. Certains étaient soupçonnés de liens avec des groupes armés en Algérie, d'autres résidaient à l'étranger et étaient suspectés de participer à des réseaux terroristes internationaux», note Amnesty, en levant un coin du voile sur le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), toujours connu sous son ancien nom de Sécurité militaire, la police politique du régime.
 
 
Secret. Travaillant dans le plus grand secret avec des agents appartenant au personnel militaire, le DRS n'est, dans la pratique, supervisé par aucune institution civile. Retenus dans des lieux de détention secrets qui ne figurent jamais sur les procès-verbaux dressés par le DRS, les suspects sont torturés lors de leur garde à vue. Ces dernières années, ces détentions ont été de plus en plus concentrées à Alger, notamment à la caserne Antar, l'un des principaux centres de commandement du DRS dans les années 90. «Le DRS, relève Amnesty, a créé au sein de l'organisation des sous-structures qui ne conservent aucun document écrit et dont la composition et le fonctionnement étaient peu clairs, même pour des officiers supérieurs du service. Dès le début du conflit, ces structures auraient été responsables de l'exécution extrajudiciaire de sympathisants présumés du Front islamique du Salut et de missions non officielles d'infiltration et de manipulation des groupes armés dans le cadre d'une stratégie délibérée consistant à aggraver la violence contre les civils, afin de réduire le soutien de la population à ces groupes.» 
 
Sans appel. La conclusion d'Amnesty est sans appel. L'Europe ou les Etats-Unis ne peuvent s'abriter derrière les «assurances diplomatiques» fournies par Alger pour y renvoyer de force des ressortissants s'ils risquent d'y être arrêtés par le DRS. Une recommandation, pour l'heure, lettre morte. En février, Amnesty demandait des éclaircissements au ministre français de l'Intérieur sur le rôle présumé de Paris dans l'arrestation de M'hamed Benyamina. Résidant en France, arrêté en septembre 2005 à Alger juste avant de monter dans un avion pour la France, il a été détenu cinq mois par le DRS.
 
 
Par CEBF-Lorraine info - Publié dans : Lu dans la presse
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Recommander

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus