Agir ou disparaître, imposons l’égalité de traitement !
Agir ou disparaître, tel est le choix auquel on est confronté en tant que citoyen d’abord, soucieux de notre vivre ensemble et du devenir de la société dans laquelle nous vivons. C’est ensuite en tant que français d’origine berbère oubliés de l’histoire, trop souvent injustement ignorés.
Oui, nous avons le devoir d’imposer l’égalité de traitement entre les citoyens quelques soient leurs origines, leurs conditions sociales et quelques soient la sensibilité à laquelle ils appartiennent.
Mourir, tel serait le sort de ceux qui laissent aujourd’hui leur destin aux mains des autres
Notre volenté en tant que jeunes Franco Berbères et au-delà des jeunes, c’est d’agir et exiger la justice, notre « francité » mais également notre « berbérité » comme élément majeur de diversité et de richesse de notre société d’aujourd’hui.
Le choix qui a été celui des berbères de France et de nos parents en premier, c’est une intégration discrète et silencieuse. C’est de vivre sa vie au quotidien au-delà même de
sa berbérité, en tous cas dans l’espace public par choix pour certain, et par contraintes pour d’autre.
Nos parents croyais à l’égalité républicaine et ils nous ont pour la plus part éduqué dans la transmission des ces valeurs de partage, de vivre ensemble, de laïcité et de respect
Il fallait disait on s’intégrer et faire le minimum de « bruit ». Pour les premières générations, cela a été accompagné et heureusement d’une transmission riche de notre culture et identité berbère d’origine, c’est ces générations là (Zidane, Adjani …), retrouvent français quid de leur berbérité, dans une société qui les a pris pour d’autres et continue à les ignorer à travers l’histoire, leur visibilité dans l’espace public en tant que français d’origine berbère, et bien encore d’autres choses.
Ils sont recuperés voir même utilisés comme arabe, musulmans ... ou autre avec ce déni ,incroyablement mal honnête intellectuellement, de leur berbèrité et de leut vraies origines.
On a cru à l’égalité républicaine et à un traitement juste et équitable « des fils et filles de la république », chacun comme français venant d’ailleurs avec sa diversité particulière. Cela s’avère un leurre. C’est cela même (la classe politique dans son ensemble droite et gauche confondues) qui sont censés garantir cette égalité qui ont trahi !
Absence de reconnaissance, ni de nos parents qui ont pourtant participer à la libération
du pays et qui ont contribué lourdement à sa reconstruction. Ni de nous même comme français tout court en premier lieu et comme ensuite citoyen à part entière dans l’accès à nos droits, dans notre représentativité au sien de la classe politique, médiatique et dans les postes clés de nos entreprises et de nos administrations.
Conjugué à un malaise social criant, la crise de valeurs et identitaire que vit notre pays vient en grande partie de là.
La remise en cause des valeurs de la république est venue de ces politiques publiques impuissantes et de cet assourdissement d’une génération sacrifiée dans sa reconnaissance, et dans la place que l’on veut bien lui laisser.
Ce phénomène touche toutes les sensibilités de notre pays (issues de l’immigration comme on dit trop souvent) et particulièrement les berbères de France qui sont près de deux millions et qui ne sont même pas reconnus en tant que tels.
Mais on constate que la différence s’établit nettement quand il s’agit d’une sensibilité organisé, reconnu et entendue, c’est aussi là encore une fois une cassure de cette égalité républicaine.
La France produit elle-même le communautarisme. Si ce dernier existe vraiment ? Alors, il faut le dire, c’est cet aveuglement à reconnaître, à considérer les gens et à sélectionner le traitement juste de ces populations dans leur reconnaissance notamment.
C’est cela qui poussent à vouloir s’organiser puisque visiblement, on se fait entendre mieux le cas échéant. Quelle contradiction quand même !
Le cas des Franco Berbères est à ce titre criant. Nous avons cru à ces valeurs de la république et nous y croyons toujours, mais l’injustice qui nous frappe est pesante. Absence complète de reconnaissance pourtant ô combien nécessaire (dans les médias, par la classe politique …), discriminations institutionnelles dans le diffusion de notre culture, comme culture de France (refus de présence sur la bande FM par exemple), absence de reconnaissance à l’école, institution républicaine majeure (non évocation du fait berbère dans les manuels d’histoire, enseignement de la langue berbère …) …
Notre réseau associatif est utile et vital. Agir ou mourir, nous avons choisi d’agir pour la société dans laquelle nous vivons et pour nous même comme citoyens responsables saisissant notre destin en main
Notre action pour un meilleur vivre ensemble, pour une France plurielle acceptant sa diversité est plus que jamais nécessaire. Nous luttons contre toute forme de repli et de dérive, nous promouvons nos valeurs républicains d’égalité, de liberté, de fraternité et de laïcité mais pour leur application concrète, réelle et visible sur le terrain
Depuis plus de trois ans maintenant au sein de la Coordination des Berbères de France et depuis près de deux ans au sein de la Coordinations des Etudiants Franco berbères, nous avons le sentiment que les lignes bougent et que notre appel à une reconsidération des choses avance.
Mais la route est longue, bouger les formations politiques reste compliqué. Avoir accès à un certain nombre d’élus ou d’institution reste dure, voir impossible, par discrimination trop souvent, car comment expliquer la difficulté à être reçu ; ou le refus de certain responsable à échanger avec nous ?
Nos détracteurs sont nombreux, cela même qui refusent notre expression au nom je ne sais de quoi : communautarisme ? Nos valeurs ? L’uniformité des français issus d’Afrique du nord notamment ?
Disparaître, c’est refuser d’agir ou laisser d’autres le faire à notre place pour des lendemains incertains, voir tristes. C'est continuer à se laisser mépriser, pris pour d'autres, imposer d'autres iden,tités ou origines qui nous sont étrangères. Nous avons tous Franco Berbères le devoir d’agir pour notre culture et identité d’origine, pour notre place dans la France d’aujourd’hui et pour qu’enfin, on puisse tous vivre ensemble chacun avec sa mémoire, son histoire, son parcours et sa particularité dans une France qui s’assume et qui grandira de sa diversité à coup sûr !
H. LEKADIR
Président de la Coordination des Etudiant Berbères de France
CEBF-Lorraine
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